Mezzo-soprano à la double formation musicale et théâtrale, Pauline Sikirdji développe un parcours singulier à la croisée de l’opéra, de la création contemporaine et de la scène dramatique. Formée au CNSMD de Paris, elle se produit sur de grandes scènes françaises et internationales — Opéra de Lyon, Festival d’Aix-en-Provence, Opéra de San Francisco — et collabore régulièrement avec des compositeurs et metteurs en scène majeurs d’aujourd’hui. Interprète engagée et curieuse, elle se distingue par la force de son incarnation scénique, son affinité avec les œuvres de création et son aisance dans des formats variés, de l’opéra au récital en passant par les formes hybrides. Artiste en mouvement, Pauline place la recherche, l’exigence musicale et la présence dramatique au cœur de son travail.

Très tôt, Pauline étudie le piano et le violon, et intègre la Maîtrise de Paris au Conservatoire Régional. Elle poursuit sa formation vocale auprès d’Anne-Marie Rodde au Conservatoire du 9ᵉ arr. à Paris, tout en entamant une formation théâtrale à l’École du Théâtre National de Chaillot. À vingt ans, elle est admise au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe de Malcolm Walker. Quelques années plus tard, elle se perfectionne auprès de Guy Flechter puis rejoint le Cycle concertiste de musique baroque au CRR de Paris.

Au cours de ses études, elle interprète le Prince Orlofsky dans La Chauve-Souris au CNSM, Hänsel dans Hänsel und Gretel à la Sibelius Academy d’Helsinki, Ino dans Semele dirigé par Stéphane Fuget au CRR de Paris, ainsi que Rosine dans Le Barbier de Séville, sous la direction d’Amaury du Closel.

Elle fait ses débuts à l’Opéra de Lyon avec le rôle de L’Enfant dans L’Enfant et les Sortilèges, dirigé par Martin Brabbins et mis en scène par Grzegorz Jarzyna.

Elle incarne ensuite Dorabella dans deux productions de Così fan tutte : l’une au Friends of Jordan Festival à Amman, l’autre au Théâtre du Ranelagh à Paris, puis Shoushane dans Gariné au Théâtre de l’Odéon à Marseille.

Dès 2013, Pauline s’engage fortement dans la création contemporaine. Elle incarne Honoria dans Galla Placidia d’Antonin Servière avec l’Arcal et la Fondation Royaumont, puis participe à The Invader Opera d’Eric Sweeney au Théâtre Royal de Waterford et à l’Opéra de Wexford.

Pour la Nuit Blanche 2015 à Bruxelles, elle interprète Three Voices de Morton Feldman, dans une production de la Chapelle Musicale et du Théâtre de la Monnaie.

Au Festival d’Aix-en-Provence, elle est Zora dans Svadba d’Anna Sokolovic (création européenne 2015), dirigé par Dairine ni Mheadhra et mis en scène par Ted Huffman et Zack Winokur — une production qui tourne ensuite notamment à Nantes-Angers Opéra, au Grand Théâtre du Luxembourg et au Festival de Ljubljana. En 2016, elle est engagée à l’Opéra de San Francisco pour une nouvelle production de Svadba, mise en scène par Michael Cavanagh.

L’été 2016, elle revient au Festival d’Aix-en-Provence dans Et tâchons d’épuiser la mort dans un baiser de Marc Lainé autour de Debussy, puis fait ses débuts au Festival de Beaune dans Didon et EnéeSecond Witch ) et ActéonHyale ) avec les Talens Lyriques sous la direction de Christophe Rousset. La même année, elle crée Féminines sur la POP / Péniche Opéra, mise en scène par Constance Larrieu et Didier Girauldon.

En 2018, elle chante Mercedes dans Carmen, mise en scène par Radu Mihaileanu et dirigée par Vincent Renaud, en tournée française avec les Opéras en plein air.

Elle interprète Johannisbaum de Suzanne Giraud, sur un texte de Pascal Quignard, en exclusivité pour la sortie de son livre Le Chant du Marais, à l’Hôtel de Soubise à Paris. Puis elle prend part au concert-fiction Les Enfants du Marais, avec l’orchestre philharmonique de Radio France, au studio 104 de la Maison de la Radio.

En 2019, elle incarne Lise dans Maison à vendre de Dalayrac, à l'Opéra de Reims, co-produit par Bru-zane et mis en scène par Constance Larrieu.

Au cours des années suivantes, elle est sollicitée par de grandes scènes françaises pour prendre part à la création de nombreux opéras : Siegfried Nocturne de Michael Jarrell et Olivier Py à Angers-Nantes Opéra ; NOX#1 de Paul Brody, réalisé par Kevin Barz à l’Opéra National de Lorraine ; Red Waters de Keren Ann, mis en scène par Arthur Nauzyciel à l’Opéra de Rennes ; L’Apocalypse Arabe d’Etel Adnan et Samir Odeh-Tamimi, mise en scène par Pierre Audi à la Fondation Luma ( programmation du Festival d’Aix-en-Provence ).

Le Chant de la Terre de Laurent Cuniot qu’elle interprète avec l’Ensemble TM+ au Printemps des Arts de Monte-Carlo et à l’Opéra de Massy reçoit le Prix de la Critique 2024 de la meilleure création musicale.

Artiste en perpétuelle recherche, Pauline explore également de nouveaux territoires scéniques avec Benjamin Dupé et sa compagnie Comme je l’entends à travers f(riou)l, un opéra maritime présenté au Festival de Marseille, et Tempérament Naturel, une création en forêt dans le Parc du Luberon.

Enfin, Pauline se consacre aussi au théâtre. Dès sa sortie du conservatoire, elle rejoint la compagnie du metteur en scène Mathieu Bauer, aux côtés duquel elle chante dans de nombreux théâtres nationaux. Elle est l’une des interprètes principales des spectacles Tristan et… d’après Tristan et Isolde de Wagner (2009), The Haunting Melody (2014), DJ set (sur) écoute (2016) et L’Œil et l’Oreille (2021).

Récemment, elle retrouve Mathieu Bauer à l’Opéra, dans La Flûte Enchantée dirigée par Nicolas Ellis, production de l’Opéra de Rennes et Angers-Nantes Opéra.